lundi 16 décembre 2013

Béarn : drame conjugal, une mère de famille meurt sous les coups

Une petite maison entourée de granges typiques des fermes béarnaises et de champs de maïs fraîchement récoltés. C’est là, route du Moulin, à une centaine de mètres des premiers voisins et à 600 mètres du coquet centre-bourg de Taron-Sadirac-Viellenave - village de 190 habitants du canton de Garlin -, que Marie-Claire Lanne-Touyagué, une mère de famille et infirmière de 53 ans, est morte sous les coups. « Un crime commis dans un contexte de drame conjugal au sein d’un couple sans histoires jusque-là », indique le vice-procureur de Pau, Sébastien Ellul. Hier, le mari et père des deux grands enfants de la victime, Régis Lanne-Touyagué, un agriculteur de 60 ans qui travaillait également comme agent de sécurité sur des sites pétrochimiques du Vic-Bilh, a été mis en examen pour « meurtre par conjoint » et placé en détention provisoire. Des poursuites passibles de la perpétuité.
  • La jalousie pour mobile
Cet homme aurait basculé dans l’horreur par jalousie. « Son épouse avait quitté le domicile conjugal depuis mai dernier et s’était installée à Billère, où elle avait refait sa vie avec un autre homme. Le suspect vivait très mal la séparation. Dépressif, il avait dû être hospitalisé dans le courant de l’été. Il semble qu’il ne s’en était jamais pris à sa femme. Mais le nouveau compagnon de cette dernière avait porté plainte contre lui, il y a quelques mois, pour des menaces », précise Sébastien Ellul.

Le drame se serait noué dans la soirée de jeudi. Ce jour-là, Marie-Claire Lanne-Touyagué quitte son travail à la maison de retraite de Garlin et se rend chez son mari, pour régler des papiers.
Inquiet de ne pas la voir rentrer de la nuit, son nouveau conjoint alerte ses proches, vendredi matin. Accompagné d’une amie, le fils de la victime passe chez son père : la voiture de sa mère n’est pas là et tout semble normal. Contacté, Régis Lanne-Touyagué assure même ne pas avoir vu sa femme depuis plusieurs jours. En milieu d’après-midi, les gendarmes d’Arzacq sont avertis. Une enquête pour disparition inquiétante est ouverte. Régis Lanne-Touyagué est interpellé sur son lieu de travail. Son domicile est perquisitionné : sa femme demeure introuvable mais ses papiers sont découverts dans la voiture de son mari. Placé en garde à vue, ce dernier finit par craquer. « Il explique avoir tenté de la convaincre de reprendre une vie commune. Et avoir été aveuglé par la colère lorsqu’elle a refusé. Il reconnaît lui avoir donné des coups à la tête », indique le vice-procureur. Sur les indications de Régis Lanne-Touyagué, les enquêteurs de la section de recherches de Pau et de la brigade de recherches de Lescar retrouvent le corps de la défunte, dans la soirée de vendredi. Il avait été dissimulé dans la propriété.
  • Un couple apprécié
« J’ai reçu un coup de téléphone de la gendarmerie vers 3 heures du matin, samedi, raconte le maire de Taron, Jean Guiraut. On m’a dit qu’un décès avait eu lieu sur la commune, sans précision sur les faits. Des choses ont commencé à circuler dans la journée de samedi. Nous sommes tous sous le choc. Vous savez, on est un petit village, on se connaît tous. C’était un couple discret et impliqué dans la vie de la commune. » Des voisins confirment. « Ils étaient mariés depuis plus de trente ans. Des gens bien et sympathiques. C’est incroyable : il a dû péter un plomb, je ne vois pas d’autre explication. »
À Garlin, où Marie-Claire Lanne-Touyagué travaillait depuis près de trente ans comme cadre-infirmière à la maison de retraite, la nouvelle suscite également peine et consternation. « C’était un des piliers de l’établissement, confie le maire, Jean-Jacques Cerisere, président de l’Ehpad. Une femme très humaine, aux compétences professionnelles et relationnelles reconnues par tous. Nous sommes profondément ébranlés. Une cellule de soutien psychologique a dû être mise en place à la maison de retraite. Jamais ces personnes n’avaient fait parler d’elles négativement. C’est une famille que nous connaissons bien. Les deux enfants sont musiciens à l’Harmonie de Garlin. C’est terrible. »
En garde à vue, Régis Lanne-Touyagué aurait confié avoir voulu se suicider au lendemain de son forfait.

http://www.sudouest.fr/2013/12/16/drame-conjugal-1260256-4344.php

1 commentaire:

  1. C'est vrai qu'il est difficile de comprendre de tels actes!
    La jalousie peut tout faire basculer!
    On rencontre trop de tels faits divers!
    C'est tellement triste!
    Bises
    Francine

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