L’accident s’était noué en quelques instants. Le 19 septembre 2012, une bétonnière renversait Denise Joseph, une cycliste retraitée de 68 ans, dans le virage qui mène du pont d’Espagne à la place de la Monnaie.
Le procès du conducteur du camion toupie, Jacques D., avait lieu mardi devant le tribunal correctionnel de Pau. « Ce sont des faits malheureux, a confié cet homme de 43 ans plongé depuis dans une durable dépression. J’ai eu cette absence certainement. Je ne l’ai pas vue, c’est regrettable. »
Ce jour-là, la cycliste s’était retrouvée coincée entre la roue arrière-droite du camion et le trottoir qui longe le bar « Le D’Artagnan ». Son avocat a rappelé mardi la gravité de ses blessures : « arrachement du nerf optique » et infirmité de l’œil gauche, « fracas facial », qui a occasionné la pose de plusieurs plaques, et fracture de l’omoplate.
« Ma vie est foutue »
« Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Ce n’est pas humain », se lamentait après l’audience Denise Joseph, en pleurs. « J’ai eu une greffe de la paupière, j’ai mal tous les jours, je ne m’en remets pas. Ma vie est foutue ! »
Les débats ont tourné autour de l’absence évoquée par le conducteur. Le délit de fuite ayant été écarté puisque la reconstitution a montré qu’il avait pu ne pas se rendre compte du choc à l’arrière de la bétonnière.
« On attend du conducteur qu’il regarde sur la droite et dans son rétroviseur », a tancé la juge, Lucile Pichenot. Le chauffeur du camion n’a rien opposé : « Je suis au regret d’avoir renversé cette personne. »
« La question est : comment aurait-il pu l’éviter ?, a établi le procureur, Stéphanie Aouine. Les rétroviseurs n’ont pas été regardés alors qu’il aurait dû le faire. »
Avant de requérir six à neuf mois de prison avec sursis, la magistrate a rappelé que le chauffeur du camion avait salué un automobiliste quelques instants avant d’enclencher la première. « L’attention a été portée ailleurs, a conclu Stéphanie Aouine. Cette absence a eu des conséquences dramatiques. »
Un chauffeur, pas un chauffard
L’avocat de Jacques D. a enjoint le tribunal à ne pas se tromper de prévenu. « Vous ne jugez pas un chauffard de la route mais un chauffeur professionnel », a expliqué Me Thierry Sagardoytho, rappelant que la configuration des lieux et l’espace très réduit pour effectuer la manœuvre sont autant responsables de l’accident que l’absence de coup d’œil. « Comment peut-on laisser circuler des camions d’un tel tonnage en centre-ville ? Ce type d’engins n’a rien à faire en ville ! »
Outre ses trois mois de prison avec sursis, Jacques D. a été sanctionné d’une suspension de permis de huit mois.
Les dommages et intérêts seront calculés ultérieurement.
http://www.sudouest.fr/2013/12/18/l-accident-de-la-place-de-la-monnaie-juge-1405246-4344.php
Difficile de porter un jugement !
RépondreSupprimerComme il est indiqué, ce n'est pas un chauffard mais un chauffeur!
Et l'erreur est humaine malheureusement!
Je comprends que la victime soit désemparée ..
Et je comprends aussi les regrets de la personne qui a causé cet accident!
J'ai été renversée il y a dix ans sur un passage pour piétons...Heureusement le conducteur ne roulait pas vite! Il faisait brumeux...Bien qu'effectuant ce chemin tous les jours, il ne s'était jamais rendu compte qu'il y avait un passage pour piétons!
On se trouve bien souvent au mauvais endroit au mauvais moment!
Bonne soirée
Bises
Francine