mercredi 11 décembre 2013

Saint-Pée-sur-Nivelle (64) : la mort du collégien percuté par une voiture soulève des questions

La douleur est immense. Mais l’accident tragique survenu ce matin à Saint-Pée-sur-Nivelle soulève déjà de nombreuses questions : la mort du jeune Nicolas Lartigue, élève de cinquième à Chantaco (Saint-Jean-de-Luz) et habitant du quartier Helbarron, aurait-elle pu être évitée ? Le tronçon de la route départementale (RD 918) était-il suffisamment sécurisé ?
L’accident a eu lieu un peu avant 8 heures. Nicolas Lartigue a traversé la RD 918, comme tous les jours de classe, pour rejoindre son arrêt de bus. Et alors qu’il était au milieu du passage piéton, il a été fauché par un véhicule qui roulait vers Saint-Pée-sur-Nivelle. Une dizaine d’enfants a assisté à la scène.

Arrivés rapidement sur place, les secours ont mis près de vingt minutes à relancer le cœur de l’enfant. La victime a été transportée inconsciente par ÉCU 64, l’hélicoptère de la gendarmerie, avec un médecin et un infirmier du Samu au Centre hospitalier de la Côte basque (CHCB) à Bayonne. À l’hôpital, vers midi, les médecins ont constaté le décès du collégien.
Pour la famille et les jeunes qui ont été témoins de l’accident, le choc est immense. Une cellule psychologique a été mise en place dans la matinée au collège Chantaco pour prendre en charge les camarades de Nicolas.
Certains parents sont venus chercher leur enfant dans la journée pour atténuer le traumatisme. C’est le cas de la mère de « Zaza », qui était là au moment de la collision. « Elle est forcément perturbée. Nous allons certainement contacter un psychologue », évoque cette maman qui a délivré quelques informations de taille aux gendarmes : « Les voitures qui arrivent d’Ascain roulent vite (la portion est limitée à 90 km/h), malgré le virage situé avant le passage piéton. Mais le vrai problème, c’est le manque de visibilité du site et l’éclairage qui fonctionne mal. »
Un danger dénoncé
Mardi après-midi, le choc de la population avait déjà laissé la place à la colère : «Ce passage piéton est dangereux. Peut-être que ce drame poussera les autorités à réagir», lance cette mère de famille, une voisine qui boit le café tous les matins chez les parents du jeune Nicolas.
Triste coïncidence, cette Senpertar du lotissement Herrixka a envoyé une lettre recommandée la semaine dernière, signée par cinq autres familles (dont celle du défunt), au Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, en l’exhortant de construire un ralentisseur devant le passage piéton reliant les deux Abribus.
« Tous les matins, j’accompagne ma fille jusqu’à cette route pour être certaine que tout se passe bien. Tout le monde connaît la dangerosité de ce tronçon. »
La maire, Christine Bessonart, assure que la commune a pris en compte ce problème dès 2001 avec l’installation de lampadaires et d’un panneau lumineux. «Il n’y avait pas eu d’accident avant ce drame», assure l’élue qui va rendre visite à la famille en deuil aujourd’hui.
L’éclairage en cause ?
Mard matin, les gendarmes ont effectué les constatations matérielles sur les lieux de l’accident, et l’enquête a été confiée à la brigade de Saint-Pée-sur-Nivelle. Dans ses locaux, l’auteur des faits, un habitant d’Ascain, a été placé en garde à vue, assisté de son avocat Me Sébastien Binet. La garde à vue a débuté pour des chefs de blessure involontaire avec incapacité de plus de trois mois, et une nouvelle notification de garde à vue a été faite lors de la procédure, suite au décès de Nicolas Lartigue. À 14 h 10, au terme de sa garde à vue pour avoir donné la mort sans intention de la donner, le conducteur a été laissé libre.
Il est trop tôt pour indiquer si l’auteur des faits sera pénalement poursuivi. L’Ascaindar pourrait choisir de se retourner contre la commune de Saint-Pée-sur-Nivelle au motif que l’éclairage à proximité du passage piéton aurait été défectueux. Cela restera à établir.

http://www.sudouest.fr/2013/12/11/le-collegien-n-a-pas-survecu-1255760-4383.php

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