samedi 8 février 2014

La rivalité vire au drame en Thiérache, l’un des deux hommes est de Rainsars

À Leuze près d’Hirson dans l’Aisne, la vie d’une famille a basculé le 19 janvier avec la mort violente de Nicolas Pételle, un père de famille de 35 ans. L’habitant de Rainsars qui reconnaît avoir porté le coup de couteau mortel à celui qui vivait depuis quelques mois avec son ex-épouse, dit avoir agi en état de légitime défense. Mais de nombreuses zones d’ombre demeurent et l’instruction de cette affaire ne fait que commencer.
C’est un véritable drame humain qui a secoué la petite commune de Leuze ce dimanche 19 janvier quand, en début de soirée, le corps sans vie de Nicolas Pételle est retrouvé sur une petite route reliant le village à la RN43.
Père d’une fillette de bientôt 8 ans, Nicolas Pételle habitait depuis quelques mois avec sa compagne Laurène, dans ce village de Thiérache d’environ 175 habitants. Nicolas était originaire de la commune voisine de Beaumé – où vivent toujours ses parents, agriculteurs en retraite : René et Marie-Bernadette ou « Marinette ». Nicolas était connu dans le canton et bien au-delà de ses limites, notamment à travers ses deux passions : les voitures d’une célèbre marque allemande et la chasse. Contrairement à ses deux frères – qui ont une dizaine d’années de plus que lui – Nicolas n’aimait pas trop l’école. Après avoir fréquenté plusieurs lycées agricoles il est devenu conducteur d’engins. « Il travaillait partout en France, mais aussi en Belgique et même en Hollande ! » nous explique sa maman.

Une femme, deux hommes, deux enfants

Puis un jour Nicolas a rencontré Laurène. Ils se sont mis ensemble il y a une dizaine d’années, leur fille Faustine est née il y a huit ans. Le couple s’est séparé quelques années plus tard, puis Laurène s’est marié avec un jeune homme de Rainsars qui lui donnera une fille, Axelline, aujourd’hui âgée de 5 ans. Ce mariage n’a pas résisté aux épreuves de la vie et le couple se sépare. Il y a quelques mois, Nicolas et Laurène décident de se remettre ensemble. Selon l’entourage les deux hommes géraient cette situation intelligemment. À plusieurs reprises, Nicolas aurait conduit la benjamine chez son père qui bénéficiait du droit de visite. Mais depuis quelque temps les rapports entre les deux hommes se seraient dégradés. Il y a quelques semaines, Nicolas a essuyé un coup de poing, la chevalière du Rainsarsois lui aurait ouvert le front.
« Je ne sais pas ce qui est arrivé ce dimanche soir, dit Marie-Bernadette. Nicolas était à la chasse toute la journée. Il est venu nous dire bonjour vers 16 h 30. Je n’ai rien remarqué d’anormal, il était comme d’habitude. En partant il nous a dit « je repasserai peut-être tout à l’heure »… »

La version du piège

Le lendemain des faits, l’ancien mari de Laurène est interpellé à Aulnoye-Aymeries, où il travaille comme intérimaire. Placé en garde à vue le même jour, il est mis en examen pour coup mortel avec arme le mercredi. Après avoir livré sa version des faits il est remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Selon cette version Nicolas lui aurait tendu un piège. Connaissant le goût du Rainsarsois pour la chasse, il aurait déposé le cadavre d’un renard sur la route et se serait caché à proximité – avant de se ruer sur le chauffeur surpris – et de l’asséner de coups de gourdin. Le Rainsarsois aurait, toujours selon ses propres dires, donné un coup de couteau de chasse pour se défendre ; il n’aurait pas reconnu Nicolas qui, selon lui, portait une cagoule.
C’est avec un courage qui mérite le respect que « Marinette » a décidé de surmonter cette terrible épreuve. « C’est très dur, mais il faut tenir bon, pour les enfants, résume-t-elle. Nous sommes en bons termes avec Laurène qui est à la fois la mère de notre petite-fille et celle de la fille de l’autre. On n’a jamais fait de différence ; les deux viennent nous voir régulièrement. Mais comment vont-elles grandir, en sachant que le père de l’une a tué celui de l’autre ? »

Stupéfaction

Prévenu par les gendarmes le soir même du drame, le maire de Leuze, Guy Bonnaire, exprimait sa stupéfaction : « La commune est très calme. Des personnes sont choquées. Nicolas était quelqu’un de bien, qui avait un bon contact avec les autres », livrait-il à nos confrères du journal L’Union.
Nicolas Pételle a été enterré le samedi 25 janvier à Beaumé, la messe a eu lieu à l’église Saint-Nicolas d’Aubenton. Bien plus importante que celle de Leuze ou Beaumé, elle était beaucoup trop petite pour accueillir tout le monde. Plusieurs personnes ont pris la parole pendant cette célébration chargée d’émotion – dont la compagne de Nicolas et un de ses amis, au nom de tous les autres. Mais les mots les plus touchants qui ont résonné au cours de cet après-midi étaient prononcés par le frère de Nicolas, Olivier. « […] Tu as vécu en homme libre. Libre de toutes convenances, sans contraintes. C’est ta vérité toute simple, celle que tu recherchais et qui te suffisait. Ici, je me rends compte depuis dimanche que tu étais un prince, et je ne le savais pas […] »

http://www.lavoixdunord.fr/region/avesnes-et-ses-environs/rainsars

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