vendredi 3 avril 2015

Ain. Retour tragique de boîte de nuit : le jeune conducteur était ivre

Justice. En novembre dernier, cinq copains revenaient de discothèque. Avec une alcoolémie de 1,86 g, le conducteur avait perdu le contrôle. Le passager avant était décédé.
C’était une soirée de fête entre copains, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Après l’entraînement de handball, ils s’étaient retrouvés chez l’un d’eux pour boire un verre avant de partir en boîte. Certains s’étaient serrés dans un taxi, d’autres avaient annulé le deuxième taxi prévu au départ et avaient pris une voiture.
La virée en boîte avait été très arrosée. Bières, vodka, whisky. Au retour, vers 5 heures du matin, les quatre passagers ronflaient dans la voiture. Ils n’auront rien vu de l’accident. La Volkswagen Polo roulait sur la D 66b, en direction de Saint-Trivier-sur-Moignans, quand le conducteur avait perdu le contrôle dans un virage à droite, non loin du hameau de La Pote, à Chaneins. La voiture avait fait un tête-à-queue avant de percuter un petit arbre et de finir sa course contre un plus gros. Le passager avant, Geoffrey Billoud, 19 ans, n’avait pas survécu.
« C’est arrivé parce que ça devait arriver »
Le conducteur, Maxime Terrollion, 19 ans également, ne se souvenait plus de rien, même pas d’être parti de la discothèque. Il avait une alcoolémie de 1,86 g, presque quatre fois le taux légal. Cinq mois après l’accident, il était jugé, jeudi, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse. Les trois passagers survivants étaient dans la salle. Aucun ne s’est porté partie civile. Quelle leçon ont-ils tirée de ce drame ? L’un d’eux avait expliqué aux gendarmes : « Je n’en pense pas grand-chose. C’est arrivé parce que ça devait arriver… » Un autre avait estimé que le conducteur « marchait droit » mais qu’il avait alors pensé « qu’en cas de contrôle il pouvait perdre son permis ».

Deux ans de prison dont quatorze mois avec sursis

À la barre, le prévenu affiche, lui aussi, un détachement confondant. Pas une larme, pas un mot pour son copain fauché en pleine jeunesse. La présidente Collange-Brinon doit insister pour susciter un « je m’en veux énormément ». « Et maintenant, vous faites attention à celui qui prend le volant ? S’il a bu ? » ajoute la magistrate. « Pas vraiment… » reconnaît le prévenu. Le procureur, Jean Ailhaud, enfonce le clou sur « l’irresponsabilité » de ces jeunes. Les quatre mille morts sur la route, dont un tiers à cause de l’alcool. Les campagnes qui n’en finissent plus de marteler que « celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ». Il réclame deux ans de prison dont la moitié avec sursis, « pour une prise de conscience ». Le tribunal a ramené la peine à deux ans dont quatorze mois avec sursis avec annulation du permis.
http://www.leprogres.fr/faits-divers/2015/04/03/retour-tragique-de-boite-de-nuit-le-jeune-conducteur-etait-ivre

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