dimanche 15 décembre 2013

Toulouse : foule aux Izards en mémoire du jeune boulanger tué à l'arme de guerre

Cinq cents personnes ont marché en silence, dimanche à Toulouse à travers le quartier des Izards, en mémoire d'un boulanger de 18 ans tué d'une balle de Kalachnikov une semaine auparavant, décrit comme la "victime d'un règlement de comptes qui ne le concernait pas".

Dimanche après-midi, deux motards de la police ont précédé la foule qui a  traversé les Izards jusqu'au nouveau quartier de Borderouge, dans le silence du  deuil seulement ponctué de chants religieux musulmans. Les queqlue 500 marcheurs - portant des tee-shirt à l'effigie de Nabil, des ballons blancs, des roses - se sont rassemblés devant les lieu même de la fusillade du 8 décembre, l'entrée d'une barre de neuf étages en pleine rénovation. Nabil Benani y avait été atteint d'une balle à l'abdomen. Il avait succombé à ses blessures deux jours plus tard. Un homme de 29 ans, interpellé vendredi dans le quartier, était dimanche en  garde à vue à Toulouse, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour  "meurtre en bande organisée et tentatives de meurtre en bande organisée", après les tirs des 5 et 8 décembre.
 
"Ils disent qu'il y avait deux agresseurs. Il y a eu des témoins. Mais il y en a qui ne veulent pas parler", explique anonymement une mère de famille. Le 5 décembre, sur une route voisine, un cycliste avait déjà été la cible d'un tir, sans être touché, alors qu'il prenait la fuite après avoir étépercuté par une voiture. Les jeunes hommes de l'âge de Nabil sont très nombreux dans la marche mais peu loquaces. Tout juste acceptent-ils de le décrire comme un "enfant sage" qui  habitait ici "depuis qu'il était tout petit", travaillait à la boulangerie familiale voisine avec son père et ses grands frères, jouait au foot et "respectait les gens".

Foulard blanc assorti à sa djellaba, la mère du jeune homme, Naïma, se dit trop "choquée" pour parler de son "gosse adorable qui rigolait avec tout le monde". Mais à son côté, son amie Hamida décrit "un quartier chaud, quand même" qui "s'est gravement dégradé" ces dernières années.  Classés depuis 2012 en Zone de sécurité prioritaire, les Izards souffrent aussi d'avoir été le quartier d'attache de Mohamed Merah, le jeune "tueur au scooter" qui assassina trois militaires, trois enfants et un professeur juifs, en 2012, au nom du "jihad".
 

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